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Adam Linder reçoit 900 euros par jour pour “nettoyer” le Mudam

7 février 2019
Adam Linder reçoit 900 euros par jour pour “nettoyer” le Mudam
"Some Cleaning" et "Some Proximity" de Adam Linder au Mudam (photo: Marie-Laure Rolland)

Alors que les syndicats battent la campagne en vue des élections sociales du 12 mars, voici qui pourra prêter à débat. Le chorégraphe Adam Linder va recevoir 900 euros pour six heures de «ménage» par jour dans l’une des galeries du sous-sol du Musée d’art moderne de Luxembourg. Le contrat a été signé le 6 février pour une durée de quatre jours. Quatre autres contrats de «Services chorégraphiques» l’engagent jusqu’au 3 mars 2019. Un projet qui soulève la question de l’économie de la danse.

Cela va peut-être susciter des vocations au sein du personnel d’entretien du Mudam : si le taux horaire dans la profession varie entre 12 et 14 euros, il passe à 150 euros/heure pour peu que la personne qui se charge du «ménage» soit un danseur. Le contrat ne précise pas  ce qui revient au chorégraphe d’une part, au danseur qui exécute le service d’autre part. Le musée va payer 55.000 euros pour une prestation de 20 jours qui va faire intervenir successivement 10 danseurs, du solo au quatuor. Ce projet, intitulé Full Service puisqu’il inclut les cinq services créés par Adam Linder, est une « première européenne », souligne la directrice du Mudam Suzanne Cotter.

La danse n’est pas à l’écart du marché

Parler d’argent dans un musée au Luxembourg ? Voilà qui fait un peu désordre, voire peut sembler grossier. À quand l’évolution de la cote en temps réel des oeuvres de la collection ? Ou l’affichage des salaires des employés du Mudam ? Adam Linder, lui, n’a pas de ces pudeurs. Pour ce chorégraphe d’origine australienne, qui s’est formé au Royal Ballet de Londres avant de danser dans des compagnies comme celle de Michael Clark, Full Service propose de mettre en place une économie de la danse. Son projet est né d’un constat, comme il nous l’a confié lors d’une interview : « Aujourd’hui on ne danse pas uniquement dans des théâtres mais dans toutes sortes d’endroits, y compris les musées. Comment peut-on valoriser ce service ? ».

Même si cet anglo-saxon vit désormais à Berlin, il a gardé de ses origines une absence de complexe par rapport aux questions d’argent. « Les arts performatifs ont toujours fonctionné sur le modèle des services. La danse n’est pas à l’écart du marché, elle n’est pas dans une bulle. Le dire, c’est aussi une manière d’inciter à la discussion sur son mode de production ».

Les danseurs, comme les artistes, ont une cote. Il estime que son prix est correct mais a accepté de négocier avec le Mudam pour le « Service 5 » (3000 euros par jour) puisque le musée lui a pris l’intégralité de la prestation. Il n’est pas précisé si les frais annexes (tel que le logement ou le transport des artistes) sont inclus.

Le questionnement sur le mode de production de l’art n’est pas nouveau. Il faisait déjà débat dans les années 60-70. Pour Adam Linder, il lui semble toujours d’actualité. « L’important est la manière dont j’articule cette question à travers une proposition comme mes ‘Services chorégraphiques’», dit-il.

On peut noter que cette question du paiement des artistes avait fait débat lors des  assises culturelles au Luxembourg pour l’élaboration du “Kulturentwicklungsplan”. La précarité des artistes y avait été pointée du doigt. Certains regrettaient que ce type de débat public éclipse les discussions de fond sur l’art et la culture. D’une certaine manière, la proposition d’Adam Linder réunit les deux problématiques.

Retour sur investissement

Contrat de “Some Cleaning” de Adam Linder (photo: ML Rolland)

Le contribuable en a-t-il pour son argent ? Pour en juger, on peut se rendre dans la galerie du sous-sol du musée où les services débutent généralement à 12 heures pour s’interrompre à 18 heures (16-21 heures les mercredis). Au mur, une corde encadre le contrat du service en cours, où sont donnés les détails concernant le coût, le mode de production et le contenu de la performance.

Mercredi 6 février, le travail intitulé «Some cleaning» a démarré en même temps qu’une autre performance pour deux danseurs intitulée «Some Proximity», au prix de 1480 euros par jour).

Une danseuse en salopette bleue, tee-shirt et baskets blanches marche en maniant un invisible balai. Mains levées, elle fait tourner ses poignets dans un geste répétitif qui évoque le passage de la serpillère. La gestuelle est déliée et le visage impassible. Un peu plus tard, on la voit évoluer avec une hypothétique machine qui mobilise ses bras et la fait souffler fortement. Pas vraiment spectaculaire. On se dit néanmoins que quatre heures à ce rythme, cela doit donner des crampes aux bras, quand bien même ceux-ci ne manient aucun ustensile réel.

Le bruit de la respiration se mêle à une bande sonore et aux paroles lues un peu plus loin par les deux danseurs de « Some Proximity ». Adam Linder dit des textes accrochés au mur et les interprète par sa gestuelle. Pas évident pour le visiteur d’en capter la teneur, même si on comprend l’anglais. L’acoustique n’est pas optimale et se sature des virgules sonores émises dans les basses par un haut-parleur. Les phrases sont déconstruites et rendues en mode presque mélodique.

Adam Linder dans “Some Proximity” au Mudam (photo: Marie-Laure Rolland)

Il faut donc s’approcher des murs pour décrypter les feuillets écrits pour cette performance par le critique Jonathan P. Watt, spécialement venu au Luxembourg pour l’occasion. Les phrases, plus ou moins pompeuses ou déjantées, questionnent l’économie du service avec, ici et là, des références luxembourgeoises. “The service in a service economy is an injection of subjectivities » ;  “Collaborate to Enhance #Innovation. Turn #Data into Smarter Insights. Use the Centrifugal Force of your #Network” ; “Theresa May Dancing. Theresa May Young. Theresa May Brexit (…) ”. Les pieds des danseurs les entraînent dans des circonvolutions qui mettent en branle le bassin puis les bras. L’effet systémique est assez bien réalisé même si les interprètes montrent parfois quelques faiblesses dans leur ancrage au sol.

On tourne autour de ces oeuvres mobiles et palpitantes, on observe un moment et l’on remonte prendre une bonne bouffée d’air frais sur la pelouse du Parc Dräi Eechelen où s’étendent langoureusement les sculptures de Nairy Baghramian.

 

Marie-Laure Rolland

 

Voir le détail des “Services” et des horaires au Mudam en cliquant ici.

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